Matthias BITZER – Le nouveau constructivisme

30 10 2009

Matthias Bitzer est né en Allemagne en 1975. Il a effectué ses études à Karlsruhe comme Axel Geis pour finalement s’installer dernièrement à Berlin ou la scène underground produit à mon avis les meilleurs artistes du moment.

Son travail de sculpture est incroyablement abouti. Ses sculptures ont une ressemblance avec celles de Naum Gabo (1890-1977), leader du mouvement Constructiviste russe. Mais lorsque l »on regarde de près, à part la forme générale de la sculpture, le travail de Bitzer est différent et c’est cela qui le rend interessant.

Il ne faut pas chercher à quoi ressemble ses sculptures, car elles n’ont pas pour but de représenter quelque chose. Elles sont à la foi aériennes, fragiles, mais construites suivant des formes géométriques et utilisent des matériaux étonnants tels que des filets, du bois, de la laque, de l’acier, du verre et des cables.

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Visite éclair à la Biennale de Venise

27 09 2009

La biennale de Venise était très réussie cette année avec des pavillons de qualité.

CANADA

On peut noter le travail très intéressant de Mark Lewis du pavillon Canadien avec ces 3 vidéos très originales et dont l’effet recherché était au rendez vous. Il y avait cette vidéo du nom de « The Fight » dans laquelle on voit pendant 5 minutes 2 groupes de personnes qui veulent se battre mais à chaque fois ils se font retenir par leurs amis. On voit tout le travail sur le machisme des hommes qui veulent en venir aux mains mais au moment du passage à l’acte ils préfèrent être retenus par peur de passer à l’acte. Cette vidéo est comique et montre la lâcheté des hommes. La vidéo est visible sur le site de l’artiste.

URUGUAY

La vidéo en 2 panneaux perpendiculaires du pavillon d’Uruguay est aussi très étonnante. On voit la même personne sur les 2 panneaux, lune portant sa veste de costume et l’autre pas. Lune fait des bruits d’animaux tandis que l’autre le regarde et l’écoute. Ensuite la deuxième personne prend le relais et ainsi de suite. On sait pertinemment qu’il s’agit des mêmes acteurs mais on est vite pris par le film et la non action et on oubli qu’il s’agit des mêmes acteurs. On a l’impression d’un jeu de 2 personnes différentes. L’effet est saisissant et dure a décrire. L’artiste est Pablo Uribe.

FRANCE

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé le pavillon français qui a pourtant été souvent décrié par les critiques françaises. Il s’agit d’une installation de Claude Leveque. L’installation se nomme « Le grand soir ». On rentre dans une sorte de prison avec 3 salles séparées par des barreaux. Vue de haut, on peut voir une croix. Ces cellules se regardent. Les murs et plafonds sont peints en paillette argent et la salle est éclairée par une rampe carrée avec au plafond de grosses ampoules du type de celles que l’on retrouve autour des miroirs a maquillage ou dans les cabarets. De plus, au fond de chaque cellule on voit flotter un drapeau en soie noire.

Claude_Leveque_French_Pavilion_by_Marc_Domage_3

RUSSIE

Le pavillon russe était pour moi l’un des meilleurs avec en vedette Andrei Molodkin que je suis depuis plusieurs années. Il a crée une installation monumentale qui reprenait la statue symbolisant la Victoire de Samothrace. La statue est évidée et grace a l’aide d’un programme informatique, on voit jaillir au sein de la statue des flots de pétrole Tchétchène suivant de flot de sang humain.
On sait qu’Andrei travaille depuis longtemps le Plexiglas évide avec des messages qui sont remplis de pétrole. Il a ensuite fait un projet autour des barreaux de prison qui étaient remplis soit de néon, de pétrole ou de sang. Il s’agit ici incontestablement dune avancée importante de son travail.

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molodkin2
la victoire de samothrace andrei molodkin

Dans ce pavillon russe, il y a aussi un travail extrêmement intéressant de Alexei Kallima. Il s’agit d’une immense fresque qui recouvre les 4 murs de la salle. On est plongé dans le noir avec comme seul eclairage des néons violés qui permettent de voir le dessin de la fresque elle-même peinte à de la peinture phosphorescente. La fresque reprend des supporters d’une grand stade de football accompagnée d’une bande audio dont le volume augmente avec la rumeur du stade. Au plus haut de l’excitation dans le stade, d’un coup, les néons s’éteignent et une lumière blanche s’allume en l’espace d’une seconde. Là, tout à disparu sur la fresque, on a à peine le temps de voir le papier peint blanc sans aucun dessin dessus. Le jeune visuel et sonore est prenant et les visiteurs y restent plusieurs minutes pour essayer de comprendre les techniques utilisées car l’effet est vraiment réussi.

USA

Le pavillon qui a gagné la Biennale de Venise cet année est celui des USA avec Bruce Nauman. Pour ma part, je n’ai pas trouvé qu’il s’agissait du meilleur pavillon. Il est vrai que Bruce Nauman n’est pas un nouveau dans la cour des artistes. Il est à la fois collectionné abondamment dans le monde et est représenté par les plus grandes galeries. De plus, ce que j’ai trouvé personnellement irritant est d’avoir une interdiction de prendre des photo ou des vidéos lorsque tous les autres pavillons le permettaient. La Biennale est un lieu où l’on cherche à rassembler les artistes contemporains avec un public venu du monde entier. Les visiteurs doivent se sentir en osmose avec le travail des artistes et s’ils leur viennent l’envie de photographier, je ne ne comprend spas pourquoi cela serait interdit.

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Art Basel 2009 – Nos coups de coeur

22 06 2009

Nous avons eu la chance de pouvoir passer 3 jours à Bâle cette semaine pour la 40ème édition de la plus importante foire d’Art Contemporain: ART BASEL 2009

Nous sommes arrivés le lundi mais la « preview » de la foire principale étant le mardi, nous avons visité la foire off « VOLTA ».

Voici les pièces que nous avons aimé à VOLTA.

Une sculpture en silicone et en taille réelle de Takashi Murakami réalisée par un jeune artiste espagnol qui à le vent en poupe: Eugenio Merino. Il s’était déjà illustré en faisant une sculpture en silicone de Damien hirst en train de se tirer une balle dans la tête enfermé dans un aquarium symbole des pièces les plus connues de hirst.

IMG00145-20090608-1642Pretty Murakami

damien hisrt Eugenio MerinoFor The Love of Go(l)d

binladen eugenio merinoStill Staying Alive

Ce jeune artiste est représenté par la galerie ADN de Madrid. Voici d’ailleurs un document pdf qui reprend son travail:

ADN Galería_Merino_Sculptures 08-09

En continuant VOLTA, nous avons trouvé ces pièces de 2 jeunes artistes; Ronnie Yarisal (1981) et Katja Kublitz (1978). Ces artistes étaient présentés par la Galerie Bertrand & Gruner.

IMG00149-20090608-1702

domestication detail

Sur le même stand, on pouvait trouver une pièce en néon de Tom Fruin portant un nom évocateur: Necktie party

IMG00147-20090608-1702

Par ailleurs, nous avons visité la galerie new-yorkaise Lombard-Freid Projects pour voir de près le travail d’une jeune artiste iranienne qui connait actuellement beaucoup d’interêt par les collectionneurs, ainsi que les musées. Son nom est Tala Madani (1981) et elle a été exposée à la Saatchi Galery à Londres ainsi qu’au New Museum de New-York dans le cadre de l’exposition « Younger than Jesus » (des artistes prometteurs de moins de 33 ans).

Voilà la pièce qui a retenu toute notre attention; elle se nomme « Piss Rainbow » et est très largement inspirée des « Oxidations » plus communément appelées « Piss paintings » d’Andy Warhol sur lequel il faisait pipi.

TM_2008_Piss Rainbow





Duane Hanson chez Emmanuel Perrotin

22 06 2009

La galerie Emmanuel Perrotin (rue de turenne) a regroupé 7 pièces du sculpteur leader du mouvement hyperréaliste américain.

Mes impressions: le travail de Hanson est toujours aussi bluffant de réalisme. A tous les coups, les non connaisseurs saluent les sculptures qui se dressent au milieu de la galerie.

Duane Hanson a sculpté 170 pièces tout au long de sa vie dont environ 70 en bronze à partir de 1984. La première pièce en bronze est le « House Painter I » suivi du « House Painter II » que je vous ai déjà présenté et dont voici à nouveau la photo:

House painter 2

Pour ce qui est des pièces présentées, voici une série de photos:

Il semblerait que les pièces étaient vendues entre US$ 400 000 et US$ 1 600 000 pour la grande installation. Il s’agit bien entendu de prix non négociés.

Cela montre que la côte de Duane Hanson est très haute et je pense personnellement qu’elle va continuer à monter car très peu de pièces se trouvent en circulation étant donné celles se trouvant dans des musées, celles se trouvant chez des collectionneurs qui ne souhaitent pas vendre.





La Classe Morte par Patrick Oualid

16 05 2009

Je ne sais pas grand chose de Tadeusz Kantor. Juste un nom qui évoque de loin un artiste multiple. Je ne suis pas non plus un fervent suiveur d’Art Contemporain.

Ce matin je suis tombé devant l’une de ses « œuvres », « la Classe Morte » (1975).

Pris aux tripes. Sans voix, mais des résonances plein la tête.

Comme l’impression de voir les synapses de mon cerveau s’électrifier, convoquer des flashs d’images et de sons jusque là plutôt bien enfouis. Tout cela arrive à une vitesse vertigineuse.

la classe morte

Les élèves de « The Wall » du Pink Floyd… En premier lieu pour la salle de classe, les bureaux, leurs masques terrorisants et les uniformes aussi pesants que l’atmosphère qui s’en dégage.

Le masque d’Eduardo Noriega dans le sublime « Abre los ojos » d’Amenabar…

L’orgue de la Toccata en ré mineur de Bach, pour sa profondeur inquiétante qui m’emmène et dont je crois toujours pouvoir échapper quand les aigus s’en mêlent…

Le Radeau de la Méduse, pour les planches de bois vermoulues… Les élèves de cette Classe Morte ne semblant pas plus rassurés sur leur sort que les naufragés de  Géricault.

Les camps de la mort s’invitent à leur tour dans cette classe, à travers les uniformes, les faces livides, et plus encore leurs pieds nus sur le bois brut. Incongrus dans une classe « vivante », ces pieds nus sont ici tout à fait à leur place, que je peux imaginer froids et bientôt peut être objets de torture.

Le « Lever » de Carl Andre qui, dix ans avant les élèves de Kantor, avait choisi de prendre à revers tous les codes de la sculpture classique en alignant à même le sol 137 briques de ciment… Et c’est certainement en cela que cette œuvre plastique est résolument contemporaine, parce qu’elle prend le contrepied parfait des principes fondamentaux de la sculpture « classique » : le piédestal est ici remplacé par des planches, la matière noble (le marbre, le bronze) est remplacé par du bois brut et de la matière industrielle, l’horizontalité l’emporte sur la verticalité, le sujet n’est pas glorieux par essence, il n’y a aucune prouesse technique dans la réalisation.

Je suis né au début des années 70, en France, j’ai connu la petite école à cette période, sortie des années grises, mais pas encore complètement rentrée dans la couleur.

Je n’ai pas connu de classe morte.

Et devant cette œuvre, je ne peux pourtant qu’entrer en empathie (comme on « entre en religion ») avec cette classe, qui préfigure à la perfection tellement d’autres réelles « classes mortes ».

Aujourd’hui, pour conjurer, ou peut être pour exorciser, ces classes mortes que nous n’avons pourtant pas connus, nous achetons des chaises industrielles (so chic) et nous faisons faire leurs devoirs à nos enfants sur d’anciens bureaux d’écolier (so cute).

Voilà pour mon empathie de bazar.

La vraie, je la garde pour moi.

Mes synapses semblent s’être assagis, mais l’image de cette classe morte reste imprimée.

Imprimée comme l’a été la plus abjecte photo de l’histoire, le négatif de la silhouette d’un enfant projeté sur un mur blanc, provoqué par l’un des plus grands flashs de l’histoire de la photo, un matin d’août à Hiroshima.

Voilà tout ce que viscéralement cette œuvre a convoqué d’inconscient chez moi.

Et c’est justement le viscéral qui m’intéresse dans les œuvres contemporaines, qu’elles soient plastiques, théâtrales, littéraires ou un peu de tout ça, comme c’est le cas ici.

Quelque chose d’inexplicable en nous sait reconnaître les moments où l’on se sent littéralement pris aux tripes. Et ces moments ne sont pas si nombreux, si l’on compte bien.

A découvrir en ce moment au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, dans le cadre de l’Exposition « Silences », proposée par Marin Karmitz.

http://www.silences.fr/

Patrick OUALID





SU-Mei Tse – Bird Cage

16 05 2009

Su-Mei a réalisé cette sculpture en néon à 3 exemplaires du nom de: BIRD CAGE (la cage d’oiseau).

Cette sculpture a été exposée lors de son Solo Show (7 février au 10 mai 2009) à ART TOWER MITO dans la ville de MITO au JAPON.

bird cage sculpture only

Avec son pied:

bird cage with base

L’origine de cette sculpture provient d’une commande publique à Kirchberg, Luxembourg.

big bird cage luxBird Cage – 2008, néon, diamètre 3,20m x hauteur totale 5,45m

Pour Su-Mei: « En Chine, l’oiseau et la cage ont une signification particulière. Chaque matin dans les parcs des villes, des personnes âgées apportent leur oiseau dans des cages en bambou afin de comparer leur chant. C’est fascinant à observer. Ici, je voulais inclure un sujet qui m’était déjà familier et utiliser une image directe et connue pour qu’une lecture à plusieurs niveaux soit possible selon les références et les souhaits du spectateur, en jouant sur des notions de temps, d’imagination et de mémoire. » La porte ouverte de la cage, qui est l’élément clé de la pièce, permet de dévier vers autre chose pour évoquer l’absence, l’envol, le lointain, la liberté, le déconditionnement; des sujets ouverts aux interprétations personnelles de chacun. Cette pièce a été conçue pour les visiteurs mais surtout pour les personnes qui travaillent dans les immeubles.





Lotta HANNERZ (Suèdoise, 1968) – De Part de Venus, 2006

15 05 2009

J’ai reçu cette semaine cette photo de mon ami Sébastien Breteau. Il vient de faire une acquisition d’une sculpture de Lotta HANNERZ, qui s’intitule: « De part de Venus », 2006, en polyester peint, ayant comme dimension: 90 x 200 x 120 cm.

De Part de Venus

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